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Jorge Canete

Beauté intérieure avec Jorge Canete créateur d’INTERIOR DESIGN PHILOSOPHY. 

Qui est  www.jorgecanete.com 

Les hirondelles font le printemps… 

Dans mes projets de décoration d’intérieur, j’aime avant tout raconter une histoire poétique. Ma démarche, au-delà du fait de s’inspirer des émotions de mes clients et de l’environnement (une maison au bord du lac n’a pas la même signification qu’un appartement au beau milieu d’une ville), puise aussi dans l’identité et la personnalité du lieu.

En effet, un lieu, tout comme un être humain, renferme ses mystères et sa propre personnalité. La Chartreuse de La Lance, où se situe cette réalisation, se pare ainsi d’une histoire particulière remontant au XIVe siècle et renfermant bien des secrets. On ne sait pas avec exactitude combien de moines y ont séjourné, mais l’intensité spirituelle qui y régna est quant à elle certaine.

Les chartreux en furent chassés le 26 mars 1538 par la Réforme, mais poétiquement, on se surprend à penser qu’ils auraient pu rejoindre par enchantement la Cartuja de Sevilla comme ultime refuge, petit clin d’œil à mes origines andalouses et hommage à cette ville que j’aime par-dessus tout.

Comme fil rouge de ce projet, j’ai donc choisi la figure de l’hirondelle et ce, pour deux raisons.

En premier lieu, les hirondelles sont un véritable trait d’union entre ces deux endroits : en effet, dès le printemps, cet oiseau migratoire peuple de ses danses enjouées le ciel autour de la Giralda de Sevilla et vient également nidifier dans le monastère de La Lance.

En second lieu, elles sont également une métaphore du parcours des moines chartreux, qui, abandonnant les vanités du monde, avaient décidé de renoncer à la vie matérielle pour accéder à une dimension spirituelle et dépouillée.

En ce sens, les hirondelles sont donc le symbole de l’humilité, de l’élévation spirituelle et de la résurrection. Elles me fascinent car elles ne se posent jamais sur la terre, ce qui fait d’elles des créatures pures et angéliques.

De manière visible, les hirondelles sont présentes à tous les étages du pavillon. Leur présence à la cave, où elles sont matérialisées par de la tôle grossière, se propagera ensuite au rez-de-chaussée, cette fois incarnées en porcelaine noire et brillante. En entreprenant l’ascension par l’escalier, elles se dématérialiseront même et perdront leur habit sombre – une œuvre de l’artiste Isa Barbier, créée avec des plumes noires, le suggère – pour se transformer en oiseaux blancs à l’étage.

Contredisant l’adage, les hirondelles, dans le sens où elles annoncent toujours une renaissance symbolique et le commencement d’un nouveau cycle… font donc toujours le printemps.